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Le bâtiment énergivore

Le bâtiment est l’axe prioritaire de lutte contre le réchauffement climatique et la préservation des ressources fossiles. Toitures et cloisons mal isolées, vitrages simples, chauffages peu performants, les 20 millions de logements construits avant 1975 sont les principaux émetteurs de CO2.  Le parc existant comprend 30 millions d’appartements et maisons dont 20 millions construits avant 1975, date de la première réglementation thermique. Environ 8,5 millions de logements respectent la réglementation de 1982 qui implique une isolation de l’ensemble des parois et du double vitrage pour les ouvrants.
La consommation moyenne d’énergie primaire pour le chauffage des bâtiments résidentiels est estimée en moyenne à 200 kWh /m2 an.

Alors qu’en trente ans, grâce aux réglementations successives, les déperditions d’énergie ont été divisées par 4 dans les constructions neuves, le secteur ancien continue lui à consommer massivement de l’énergie et émettre du CO2. Si aucune action forte n’est entreprise,  les émissions de CO2 par les bâtiments passeront  à 120 millions de tonnes en 2010.

 

Le taux de renouvellement par les constructions neuves (300 000/an) étant trop faible pour améliorer « naturellement » la performance du parc, c’est donc dans la rénovation des logements anciens qu’il semble falloir accentuer les efforts. Cependant, les couts de rénovation risquent de devenir très cher dans les années à venir compte tenu de l’augmentation du prix des matières premières et de l’accroissement des exigences thermiques si bien que la destruction et la reconstruction risque de prendre le dessus et donc de favoriser le marché du neuf.

 

La Loi Energie de juillet 2005 fixe comme objectif la division par 4 pour 2050 des consommations dans le secteur des bâtiments. Elle introduit les Certificats énergie, transpose la directive européenne sur l’efficacité énergétique pour les bâtiments existants et prévoit qu’en 2020, les consommations des constructions neuves seront inférieures de 40 % à celles de 2000.

 

Le Grenelle de l'environnement et la prochaine règlementation thermique tendrait à accélérer les exigences sur le secteurs du bâtiment.



Les labels énergétiques

Le label « haute performance énergétique » atteste que le bâtiment respecte un niveau de performance énergétique globale supérieur à l’exigence réglementaire, vérifié grâce à des modalités minimales de contrôle.

Ce label comprend
cinq niveaux :

HPE 2005 pour les constructions dont les consommations conventionnelles sont inférieures d’au moins 10% par rapport à la consommation de référence RT 2005 et pour l’habitat au moins 10% par rapport à la consommation maximale autorisée.


THPE 2005 pour les constructions dont les consommations conventionnelles sont inférieures d’au moins 20% par rapport à la consommation de référence RT 2005 et pour l’habitat moins 20% par rapport à la consommation maximale autorisée.


HPE EnR 2005, basé sur les exigences du label HPE 2005 accompagnées d’exigences sur l’installation d’équipements d’énergie renouvelable : Soit le chauffage, et éventuellement la production d’eau chaude sanitaire, est assuré par une chaudière utilisant la biomasse, et en particulier le bois
Soit, le bâtiment est raccordé à un réseau de chaleur alimenté par au moins 60 % de bois ou de biomasse, ce qui apporte une réponse aux collectivités territoriales qui font des efforts pour produire de la chaleur avec des combustibles renouvelables.


THPE EnR 2005 pour les constructions dont les consommations conventionnelles sont inférieures d’au moins 30% par rapport à la consommation de référence RT 2005 et, pour l’habitat, au moins 30% par rapport à la consommation maximale autorisée, accompagné d’exigences sur des équipements d’énergie renouvelable (capteurs solaires thermiques, capteurs photovoltaïques ou des éoliennes) ou de pompes à chaleur très performantes, préfigurant certaines technologies devant être déployées pour la RT 2010.


BBC
: bâtiment basse consommation énergétique. Ce niveau reprend les résultats de l’étude menée dans le cadre du programme de recherche PREBAT, sur financement de l’ADEME, et réalisée par l’association EFFINERGIE. Ce niveau vise une consommation très fortement inférieure à la consommation énergétique réglementaire avec :

Un niveau d’exigence calé pour le résidentiel sur 50 kWhep/m² en énergie primaire en prenant en compte les consommations de tous les usages (chauffage, refroidissement ; production d’ECS, ventilation et éclairage) et décliné selon les zones climatiques de la RT2005 et l’altitude du projet de construction.
Une « super » performance énergétique de 50 % par rapport à la performance réglementaire pour les bâtiments tertiaires. Il reprend l’esprit des labels « passivhaus » en Allemagne et « Minergie » en Suisse, mais avec des exigences et techniques adaptées au climat français et à chaque zone climatique. 

C’est ainsi que l’isolation par l’extérieur, les pompes à chaleur, les chaudières à condensation et les systèmes utilisant les énergies renouvelables, deviendront des éléments importants pour le label « Très basse consommation » dans la perspective de la RT 2010. Il est à noter que le coefficient d’occupation des sols peut être majoré de 20% si l’habitation atteint les niveaux THPE et BBC.